Je commence tranquillement à tester le portrait en studio et en argentique. Néanmoins, lors de mes premières séances, je n’avais pas tout le matériel à disposition et j’utilisais principalement mon boitier numérique pour mesurer la lumière et faire mes tests de composition. Du coup, j’en ai profité pour faire un petit comparatif des résultats obtenus en argentique et en numérique.

Le déroulement de la séance

Pour faire ce petit comparatif, je me suis servi des images réalisé lors d’une séance « test » avec Jennifer. Comme je n’avais pas de flashmètre pour réaliser ma mesure directement, je me suis appuyé sur mon boitier numérique. Cette façon de procéder me permettait de réaliser des tests (réglages et compositions) avant de prendre mes images argentiques.

Les points de comparaison

Pour comparer les images, j’ai cherché à obtenir le traitement qui me plaisait le plus à partir des images brutes dont je disposais. En numérique, j’avais des fichiers RAW et en argentique, des fichiers TIFF de mes négatifs scannés.

J’ai ensuite comparé les images pour voir si j’avais de grosses différences dans les traitement et j’ai tenté d’homogénéiser le tout. Finalement, j’ai remarqué plusieurs différences que je décris par la suite. Enfin, d’un point de vue matériel, j’ai utilisé :

Le flou

Dans des situations de prise de vue comme le portrait, le flou est quelque chose d’important à regarder car il permet de détacher plus ou moins votre sujet de son environnement. Ici, sur ces 2 portraits, on voit clairement une nette différence en terme de flou obtenu sur l’image finale. Celui du Mamiya 645 AF est beaucoup plus présent et permet de camoufler les plis du fond en tissu. Je le trouve également plus esthétique.

A gauche : la version argentique / A droite : la version numérique / Réglages : f/5.6, 1/125s, 400 ISO
A gauche : la version argentique / A droite : la version numérique Réglages : f/5.6, 1/125s, 400 ISO

Je pense que cette différence est due à 2 choses : la focale réelle utilisée et la taille du « capteur ». Ces dernières sont plus importantes sur le Mamiya ce qui contribue à augmenter le flou  à réglages équivalents.

Le format

Bien que ça soit un paramètre qui peut se penser à la prise de vue et se corriger en post traitement il a un impact sur les images finales. Après avoir utilisé les 2 formats pour réaliser mes portraits, je me rends compte que les images sont mieux structurées en format 4/3 (celui du Mamiya 645 AF). Le format 3/2 du numérique est quant à lui trop « allongé et verticale » à mon sens.

La balance des blancs

Comme le point précédent, je n’avais pas du tout remarqué cela au départ mais la balance des blancs est très légèrement différente sur l’ensemble de mes images. En effet, j’ai l’impression que le numérique a tendance à avoir une balance des blancs un peu plus froide que l’argentique.

A gauche : la version argentique / A droite : la version numérique / Réglages : f/5.6, 1/125s, 400 ISO
A gauche : la version argentique / A droite : la version numérique / Réglages : f/5.6, 1/125s, 400 ISO

Pour rappel, j’ai utilisé les mêmes flashes à la même température de couleur, et je n’ai pas touché ce réglage ni lors de la prise de vue ou du scan ni lors du post-traitement.

Le rendu (qualité d’image, modelé, aspect final)

Au cours de ce rapide comparatif, je voulais aborder la question du rendu en terme de qualité d’image, de modelé et d’aspect général de l’image.

Tout d’abord, il est indéniable de dire que le grain de l’image n’est pas le même. En numérique, l’image parait beaucoup plus lisse et « propre » qu’en argentique. Avec la pellicule, l’image est plus granuleuse. A titre personnel, je me rends de plus en plus compte que j’aime cet aspect de l’argentique : la possibilité d’avoir un beau grain sur son image plutôt qu’un rendu lisse.

Comparaison du grain de l'image. A gauche : l'argentique / A droite : le numérique
Comparaison du grain de l’image. A gauche : l’argentique / A droite : le numérique

En terme de « qualité d’image » pure (piqué), le numérique semble mieux s’en sortir même si je trouve que c’est discutable. Je n’ai jamais vraiment eu l’habitude d’avoir des images ultra piquées et j’aurais tendance à dire que, pour moi, les 2 rendus sont similaires.

Enfin, en ce qui concerne le modelé (zones de transition entre les parties claires et les parties sombres), j’avoue que je ne sais pas trop sur quel pied danser en voyant le résultat. Après coup, certaines images en numérique me paraissent plus plaisantes à l’oeil qu’en argentique et je ne saurais expliquer pourquoi …

A gauche : la version argentique / A droite : la version numérique / Réglages : f/2.8, 1/60s, 400 ISO (flash éteint)
A gauche : la version argentique / A droite : la version numérique / Réglages : f/2.8, 1/60s, 400 ISO (flash éteint)

Ces 2 photos en sont un parfait exemple. Je trouve que l’image numérique à droite à un modelé plus subtil mais manque de caractère général par rapport à celle de gauche.

La déformation de l’optique

C’est un point que je n’avais pas remarqué au début mais il est vrai qu’on se rend compte de la légère déformation que provoque le 35mm f/1.8 sur le Nikon. C’est surtout vrai quand le photographe est proche de son sujet comme j’aime le faire en portrait. Vous en avez un exemple sur le comparatif précédent où le visage est légèrement plus large en numérique qu’en argentique.

Le mot de la fin

Vous l’aurez compris, l’idée n’était pas ici de faire un comparatif exhaustif des différences entre le numérique APS-C et le moyen format argentique. Je voulais simplement vous partager quelques remarques que je me suis faites à moi même.

Comme d’habitude, n’hésitez pas à réagir si vous avez des questions ou des remarques, les commentaires sont là pour ça ! J’ai également créé un album spécial sur Flickr pour ceux qui voudraient aller se faire une idée des images en pleine qualité.

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