Si les noms de PRISM, XKeyscore, Tempora ou Optic Nerve vous disent quelque chose, c’est que vous savez de quoi je vais vous parler dans cet article. Tous ces noms un peu atypiques, vous en avez sûrement entendu parler grâce à un seul homme : Edward Snowden ! Oliver Stone propose un biopic / thriller de ce personnage fascinant.

Edward Snowden, le plus célèbre des lanceurs d’alerte

Edward Snowden est ce qu’on appelle un lanceur d’alerte c’est-à-dire une personne qui, voyant venir un danger, un risque ou un scandale, adresse un signal d’alarme et, ce faisant, enclenche un processus de régulation, de controverse ou de mobilisation collective (oui je sais, c’est la définition Wikipédia …).

Informaticien ayant travaillé au cours de sa carrière pour les deux plus grosses agences de renseignements américains (la CIA et la NSA), il finit par dénoncer les pratiques illégales de surveillance de masse des Etats-Unis. Pour ce faire, il récupère des informations « Classé Défense », facilement accessibles grâce au poste de contractuel qu’il occupe pour la NSA. Il parvient alors à faire sortir de l’enceinte ultra sécurisée des bâtiments de l’agence d’énormes quantités de documents puis s’exile le 20 Mai 2013 à Hong Kong.

Zachary Quinto dans le rôle du journaliste Glenn Greenwald
Zachary Quinto dans le rôle du journaliste Glenn Greenwald

Snowden donne alors rendez-vous à des journalistes du Washington Post et du Guardian dans une chambre d’un hôtel luxueux depuis laquelle il travaillera avec eux à la publication d’une série d’articles à partir du 6 Juin 2013. Le 31 Juillet 2013, il obtient l’asile temporaire en Russie et y possède, depuis le 1er Août 2014, un droit de résidence pour trois ans. Il vit actuellement à Moscou avec sa petite amie, Lindsay Mills.

Le biopic relate-t-il vraiment la réalité ?

Par définition (Wikipédia), un biopic est une oeuvre cinématographique centrée sur la description biographique d’un personnage principal ayant réellement existé. Dans de nombreux cas, nous sommes en droit de nous demander si ce biopic relate vraiment la réalité (rappelez-vous du film « American Sniper« ). Dans le cas de Snowden, inutile de vous dire que des passages ont été plus romancés que d’autres, notamment celui où il réussit à passer la sécurité avec les informations sensibles. Précisons tout de même que la scène du film a été suggérée au réalisateur par Edward Snowden lui même, qui n’a d’ailleurs jamais expliqué publiquement comment il s’y était pris.

Portrait du véritable Edward Snowden
Portrait du véritable Edward Snowden

Snowden, le vrai, a d’ailleurs étroitement participé au processus de création du film comme le précise le réalisateur. Ce dernier spécifie aussi que les agences américaines ne pouvant confirmer ou infirmer les faits de base révélés par la presse, toute l’authenticité possible a été apportée grâce à son aide. Enfin, l’histoire de ce film est adaptée de deux livres : le premier, « The Snowden Files: The Inside Story of the World’s Most Wanted Man » écrit par Luke Harding qui a reçu d’excellentes critiques de journaux majeurs ; le second, « Time of the Octopus » de Anatoly Kucherena, qui n’est autre que l’avocat d’Edward Snowden.

En définitive, je trouve que ce biopic est assez juste ne serait-ce qu’en terme de sources qu’il a utilisé pour sa construction.

Mon avis personnel

Si jusqu’ici je vous ai présenté des faits sur le film, je ne vous ai pas encore donné mon avis. J’ai tout bonnement adoré ce film. Je m’attendais très sincèrement à quelque chose de plus romancé et spectaculaire que ce que j’avais pu voir beaucoup plus sobrement dans l’excellent documentaire « Citizenfour » réalisé par Laura Poitras. Je suis en réalité allé voir un film plus équilibré que ce que je pensais et c’est tant mieux. Le mélange réalité / fiction est assez subtil selon moi. D’ailleurs, la fiction sert bien la biographie de Snowden : chaque élément n’est pas placé là au hasard.

Un exemple de cette dualité est celui du Rubik’s Cube. Au début du film, Snowden tient un Rubik’s Cube dans sa main afin que les journalistes puissent le reconnaitre dans la foule et c’est ce qui s’est réellement passé. Ce même objet a une utilité dans le vol des informations mais cette fois-ci, c’est complètement fictif. Un aspect que nous apporte ce film sur le personnage de Snowden est sa relation avec sa petite amie, Lindsay Mills. On apprend qu’elle a une influence toute particulière sur ce qu’il décide de faire ou non et sur ses choix de carrière.

Lindsay Mills, personnage important de la vie de Snowden
Lindsay Mills, personnage important de la vie de Snowden

Parlons rapidement du casting très « bankable ». Joseph Gordon-Levitt est parfait dans son rôle qui lui va comme un gant, Shailene Woodley en Lindsay Mills, Zachary Quinto en journaliste ou encore Nicolas Cage comme ingénieur de la CIA. Je crois surtout qu’un tel casting s’inscrit dans une logique pour Edward Snowden : donner du poids pour faire parler de son histoire afin que son action initiale continue à avoir des répercutions à la fois chez les citoyens et chez les dirigeants.

Conclusion

Ce film est une véritable réussite. C’est lorsqu’il touche à sa fin qu’on se rend compte qu’il n’est pas qu’une bonne fiction mais bien la réalité. N’oublions pas que le propos principal est de dénoncer des pratiques douteuses de gouvernements peu scrupuleux. Je terminerai sur une réplique du film concernant la surveillance de masse que je cite de mémoire : « Le terrorisme est le prétexte, le véritable but est la suprématie économique et le contrôle social ». A décoder !

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