Jeudi dernier, j’ai eu la chance de participer à mon tout premier atelier sténopé. Mais au fait, c’est quoi le sténopé ?

Le sténopé est une technique de photographie dite « archaïque » (ancien, dont on en se sert plus). Elle consiste à prendre un cliché avec à peu près n’importe quel objet, du moment qu’on peut s’en servir comme d’une « camera obscura » (comprenez « chambre obscure » en latin). La camera obscura est la base même d’un appareil photo : le capteur, la pellicule ou le papier photo est plongé dans le noir. Puis, lorsqu’on décide de prendre une photo, on ouvre un petit orifice et l’image se forme sur le plan formé par le capteur (la pellicule ou le papier photo). Comment est-ce possible ? Tout simplement parce que chaque point d’un objet renvoie la lumière qu’il reçoit. Cette lumière est renvoyée dans toutes les directions de manière rectiligne (en ligne droite). L’image se forme donc à l’envers. Le schéma ci-dessous illustre ce dont je viens de vous parler :

Le principe de la Camera Obscura
Le principe de la Camera Obscura

Pour l’occasion, les principes du sténopé et de la camera obscura nous ont été présentés par Daniel Nowak, un passionné de photographie (lien Flickr) qui a fabriqué en 2011 sa caravane « Fata Morgana« . Elle permet au grand public de plonger au coeur de la chambre obscure d’un appareil photo et d’en comprendre les mécanismes. Cela fait bientôt un an et demi que je fais de la photo (et que je connais / comprends les principes de base) et cela ne m’a pas empêché d’être émerveillé par le travail de Daniel, fondamental pour quiconque voudrait apprendre la photo. Après une visite de sa caravane, nous avons fait joujou avec notre beau matériel photo à savoir, de jolies boîtes de conserve ! Et je ne plaisante pas !

Les boites servant et la caravane ayant comme principe commun la chambre noire
Les boites servant et la caravane ayant comme principe commun la chambre noire

Les boîtes de conserve préparées par Daniel répondent parfaitement au sténopé. Etanches à la lumière, ces « camera obscura de poche » sont pourvues d’un petit trou (aussi fin qu’une aiguille) muni d’un scratch qui permettent de contrôler la durée d’ouverture de la boîte. Dans celle-ci, on place en chambre noire un papier photosensible. Une fois la photo prise, on retourne en chambre noire afin de placer le papier photo dans un bain chimique dit « révélateur » puis dans un bain dit « fixateur ». Le premier bain réagit avec le papier et les parties frappées par une forte intensité lumineuse se noircicent. Le deuxième bain fixe la réaction précédente sur le papier photo, de sorte qu’il ne soit plus sensible à la lumière. Enfin, on sèche le tout et on obtient un « négatif ».

Pour obtenir un « positif », c’est-à-dire la photo réelle, on place en chambre noire le « négatif » an face d’un nouveau papier photo vierge. On allume la lumière quelques secondes. Le « négatif » étant placé au dessus du papier vierge et par transparence, on récupère le fameux « positif ». On répète enfin la même opération des deux bains (révélateur et fixateur), on rince et on sèche. Et voilà, nous avons fait une photo en mode « sténopé » ! 😉 Voici les résultats que j’ai obtenu (autres photos sur Flickr) :

Négatif obtenu après le 1er développement
Négatif obtenu après le 1er développement
Photo finale obtenue après le 2ème développement
Photo finale obtenue après le 2ème développement

J’ai vraiment passé une superbe après midi, j’ai appris plein de choses et Daniel Nowak a su me donner le goût de la technique photo archaïque et de l’argentique. Les photos ont plus de saveur et sont uniques. J’ai aussi découvert la magie (et je pèse mes mots) de l’image qui se révèle sur le papier photo. J’encourage tous les photographes (novices ou non) à venir découvrir ces techniques et partager l’art photographique !

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