Si vous commencez à lire ces lignes, c’est que le titre de cet article vous a semblé vraiment accrocheur ! En réalité, ce « titre qui tue » est celui d’un bouquin que j’ai fini de lire il y a quelques semaines. Voici donc mon avis de lecteur.

« Comment devenir un optimiste contagieux » est un livre écrit par Shawn Achor, créateur d’une entreprise de recherche et consulting qui applique la psychologie positive au domaine professionnel. Il assista le professeur Tal Ben-Shahar à Harvard pour son cours sur le bonheur. Partant de ce postulat, le livre donne envie. L’auteur est câlé, la couverture est originale, orange, aguichante et son titre parachève son aspect « bankable ». Après tout, quel est le sombre imbécile qui veut rester pessismiste et le garder pour lui ? Indéniablement, on veut aller plus loin ! Alors, on lit les premières pages.

La couverture du livre et son auteur, Shawn Achor
La couverture du livre et son auteur, Shawn Achor

Le début de la lecture répond à une question absolument fondamentale : sur combien de pages peut-on teaser le reste d’un bouquin ? La réponse est 60 ! Oui, 60 pages à base de « changer c’est possible ! », « une étude a montré que … », « je vais vous raconter une super anecdote … », « en ayant lu ce livre, vous allez être plus performant / heureux / fort » et j’en passe. Tout ceci pour vous amener à ma principale réserve. Pendant toute la première partie, on enchaîne les études super intéressantes et les anecdotes de l’auteur qui mènent toutes à la même chose : « ce que je vais vous raconter est formidable ». A la rigueur, 10 pages là dessus m’auraient suffit pour confirmer le bien fondé de mon achat. Ce qui est gênant, c’est qu’on retrouve ce schéma tout le long du discours, notamment lors de l’énonciation des « Sept grands principes ». Ces derniers présentent donc, vous l’aurez compris, tout l’intérêt du livre.

Je ne vais pas lister ces principes et les décrire, ça vous gâcherait toute la lecture ! Cependant, ils sont presque tous construits sur le même modèle : Shawn Achor présente des cas concrets, une expérience scientifique ou personnelle et en déduit un principe qu’il développe en reprenant une floppée d’exemples pour illustrer son propos. Clairement, les principes qu’il évoque sont très accessibles aussi bien en terme de compréhension que d’application. Les anecdotes ou images qu’il emploie sont elles aussi simples et facilitent l’assimilation. Le seul vrai bémol est leur nombre bien trop important d’autant qu’on a la fâcheuse impression que l’auteur se répète en disant constamment que le principe en question nous rendra plus heureux / performant au travail / en meilleure santé. Bref, on a globalement compris le message, pas besoin d’en remettre une couche toutes les 3 lignes. La dernière partie du livre concerne la transmission de l’optimisme mentionné et expliqué depuis le début. En gros, il nous explique que le simple fait d’être positif avec soi même permet de propager la positivité parmi son entourage, avec tous les avantages que cela implique. Ca peut paraître idiot dit comme ça mais là encore, les exemples viennent cimenter l’idée principale et on perçoit bien le message.

Les émotions en émoticones
Les émotions en émoticones

Finalement, qu’ai-je pensé de ce bouquin ? Les principes que l’auteur nous explique sont intéressants et les situations qui leur sont associées font souvent mouche. Ce que j’entends par là, c’est que beaucoup de gens qui liront ce livre (moi compris) associent facilement les exemples cités à leur propre vie. Et c’est à mon avis ça qui marche ! Le danger potentiel est de se dire : « La vache il a raison ! Aller, je m’écris ce principe sur le front et il dictera ma façon de vivre ! ». Même si cet ouvrage tend à servir de guide, il faut, à mon sens, le considérer comme une boîte à outil qui va nous permettre de comprendre une situation donnée ou un événement qui nous arrive souvent dans la vie.

Une autre réserve dont je voulais parler est que tout le fond du livre évolue dans un cadre professionnel. C’est dommage car ce n’est pas ce qu’annonce le titre. C’est en partie pour cela que Shawn Achor use de références et d’applications du « boulot » et pas assez de la vie en général. Je terminerai sur le fait qu’il y a vraiment beaucoup trop d’exemples, notamment d’études pas toujours bien référencées, qui finissent par remplir trop artificiellement le livre.

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