Le travail de groupe des élèves
Le travail de groupe des élèves

Sorti le 3 décembre 2014, « Les Héritiers » est un film basé sur une histoire vraie. Au lycée Léon Blum de Créteil, une professeure d’Histoire-Géographie décide de faire passer à sa classe de seconde (la plus difficile du lycée) le Concours National de la Résistance et de la Déportation sur le thème suivant : « Les enfants et les adolescents dans le système concentrationnaire nazi ».

Avec un tel synopsis, on se dit qu’il y a matière pour faire quelque chose d’intéressant, même si on ne sait pas comment se termine l’histoire. Et c’est un pari réussi ! A commencer par les acteurs. Arian Ascaride (que je ne connaissais pas du tout) tient à merveille ce rôle de la prof d’Histoire à la fois ferme, patiente et attachante. Le jeune Stéphane Bak (plus connu à la radio et à la télé) possède une juste place dans le film tout comme Ahmed Dramé, plus présent à juste titre. Tous les autres jeunes acteurs du film ne jouent pas « nian-nian » mais « réaliste ». Toutes les scènes à l’eau de rose sont disséminées avec légèreté et cohérence (histoire d’amour naissante entre 2 ados et scène finale). En ce qui concerne la réalisation et l’enchaînement de l’histoire, on est assez perturbé au début du film car les scènes courtes défilent sans forcément de lien entre elles pour certaines. Je pense notamment à la scène d’ouverture où une mère et sa fille voilées ont un différent avec l’administration de l’école. Même si cela peut faire réagir le spectateur, on ne saisit pas complètement la cohérence d’une telle scène au démarrage du film (à part peut être pour planter le décor).

Un peu plus loin, il est même question de menace de viol sur une jeune fille par deux adolescents extremistes, sous prétexte qu’elle n’est pas « correctement habillée ». Cette amorce n’est pas du tout traitée ou avancée dans le reste du film. Ceci est selon moi le seul défaut des « Héritiers » : le choix de faire réagir le spectateur en abordant plusieurs sujets (l’islamisation radicale dans les quartiers difficiles, le viol, les difficultés familiales et de l’enseignement, la violence, le racisme, …) est à double tranchant car il perturbe quelques fois la bonne lecture du film.

Le lycée Léon Blum, théâtre principal du film
Le lycée Léon Blum, théâtre principal du film

Lorsque j’ai parlé de réalisme plus haut, il y a une scène clé où la réalité dépasse la fiction. Au cours de leur préparation du concours, les élèves font la rencontre de Léon Zygel, un ancien déporté, qui a la particularité … de ne pas être un acteur ! Il raconte donc avec émotion sa triste expérience des camps de concentration et c’est alors que tout le monde, spectateur comme acteurs, est suspendu au réalisme historique des paroles d’un déporté vivant ! Au passage, il faut savoir que cette scène a été réalisée en une seule prise afin que les réactions soient les plus naturelles possibles et l’instant des plus authentique.

Pour conclure, ce film n’est pas comme on pourrait le croire, un n-ième reportage sur la seconde Guerre Mondiale et la Shoah mais le récit d’une formidable aventure humaine. Bien que les thèmes abordés et les questions soulevées soient parfois amenenés de manière brutale, ce film fait réfléchir et réagir. Enfin, il remet certaines choses à leur place compte tenu du contexte social français actuel.

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