L'affiche du film
L’affiche du film

Lucy donc, est le dernier né de la maison Besson. Scarlett Johansson incarne l’héroïne, une jeune femme qui se retrouve prise dans une histoire de drogue. En effet, elle se fait kidnapper suite à un échange qui tourne mal par la mafia chinoise qui lui fait subir une opération afin de lui glisser un paquet de drogue (CPH4) dans l’abdomen. Sa mission (comme celle d’autres larbins) est de livrer la fameuse substance à des clients en Europe pour retrouver sa liberté. Le problème (bah oui sinon y aurait pas de film …) c’est que le paquet de CPH4 va s’ouvrir et provoquer chez Lucy un changement radical à savoir, un accès tout nouveau aux capacités de son cerveau. Luc Besson nous propose alors un concept intéressant et (potentiellement) puissant dès le synopsis. Le réalisateur français prend le postulat que nous utilisons moins de 10 % de la capacité de notre cerveau et pose un problème simple : et si nous en avions un accès supérieur à 10 %, voire la totalité ?

Personnellement, cette idée m’a clairement fait délirer mais dès que j’ai vu la durée du film (environ 1h30), j’ai flairé l’embrouille. Comment développer une idée pareille en 1h30 ?! Et vous allez voir que c’est justement ça le problème …

Lucy en mode "warrior" à l'hôpital
Lucy en mode « warrior » à l’hôpital

Si je résume simplement et rapidement le déroulement du film, Lucy va prendre conscience qu’elle doit récupérer les autres paquets de drogue (auprès des autres transporteurs) à la fois pour sa survie mais aussi pour attendre 100 % de ses capacités. Elle va contacter parallèlement le professeur Samuel Norman (joué par Morgan Freeman), un expert sur les théories du cerveau qui va l’aider à atteindre son « objectif 100 % ». La mafia coréenne, voulant récupérer sa drogue, va (tenter de) mettre des bâtons dans les roues à notre héroïne. Cette dernière clôture le film en arrivant à 100 % ce qui lui permet de revenir à l’origine de l’univers et donc au savoir pur et simple. Lucy est alors un Dieu tout puissant et omniprésent lors du fermé de rideau.

On remarque tout de suite que le film se résume assez simplement (j’ai à peine raccourci les éléments essentiels de l’histoire) : la fin est selon moi beaucoup trop rapide et m’a laissé perplexe à la sortie du ciné. Mon questionnement (et ma déception) a été de me dire comment Luc Besson avait pu aussi peu développer son idée de départ ? Oui parce que si on fait les comptes, Lucy se voit améliorer ses capacités et prend subitement conscience qu’elle doit concquérir son cerveau en consommant tous les autres paquets (quatre au total je le rappelle) pour devenir le savoir absolu. Et puis, plus rien … Tout le reste du film tourne autour de cet objectif. Encore une fois, selon moi, le réalisateur n’est pas allé au fond de son idée. Pourquoi ne pas avoir fait en sorte qu’une deuxième personne puisse acquérir un tel pouvoir et affronter Lucy ? La drogue deviendrait alors un objet de pouvoir, de par la faculté intellectuelle qu’elle procure. Et, de fait, auraient-ils profité de ce pouvoir pour faire le bien, le mal ? Au lieu de cela, on se retrouve avec une mafia coréenne pas contente qu’on lui ait piqué sa drogue (dont on ne sait pas s’ils en connaissent les effets d’ailleurs sinon, ils l’auraient utilisés …) et qui paraît bien ridicule face au pouvoir overcheaté (= complètement abusé pour les non geeks) de Lucy (cf : la scène de l’hôpital). Immédiatement, me viennent à l’esprit Limitless et Inception comme objets de comparaison. Le concept est tout aussi puissant que celui de Besson mais est bien mieux scénarisé (surtout dans Inception, qui reste une référence pour moi).

Les effets graphiques sont particulièrement réussis
Les effets graphiques sont particulièrement réussis

Je tiens à préciser (après ce petit déchaînement) que la qualité graphique du film est bien sûre présente : je pense aux scènes où Lucy se décompose dans l’avion, trie les communications comme sur un iPad ou voit les fluides d’un arbre. Les acteurs sont très bons même si on aurait (j’aurais) préféré plus de Morgan Freeman car il a tendance à faire avancer le concept, notamment lors de sa conférence au début du film. Enfin, j’ai été intrigué puis séduit par une des premières scènes où Lucy se sent observée. Besson utilise un procédé original en entrecoupant les images de la scène réelle du film avec des images d’une proie chassée par une lionne en Afrique qui illustre parfaitement le ressenti du moment.

Lucy est donc pour moi un bon film mais avec un concept très peu voire pas du tout développé. Luc Besson ne soulève pas assez de questions (et y répond encore moins). Le caractère super héroïne du personnage principal a tendance à réduire le film à un « simple » film d’action (que j’apprécie tout autant) alors qu’il pouvait proposer mieux et plus intéressant.

1 commentaire sur “Mon avis sur : Lucy”

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